Chemiré-en-Charnie, hameau d'Étival (72) – septembre 2009
– Ayant poussé la porte étroite qui chancelle...*
– Touchez à rin, m'sieur Paul, vous allez mincer le clan.
* Premier vers du poème de Paul Verlaine. Il y a ainsi quelques vers qui remontent en surface à l'occasion, définivement associés à des images de mon quotidien.
Après trois ans
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.
Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.
Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.
Poèmes saturniens