
Ou le premier pasteur de l'église françoise de Berne retrouve du poil de la bête* dans un édifiant
Essai philosophique et moral sur le plaisir. Qu'on en juge :
«
D'abord, les plaisirs sensuels doivent être pris avec modération. S'ils passent dans leur mesure, de quelque genre qu'ils soient, les bornes des besoins & des appétits naturels, ils dérangent nécessairement, plus ou moins, tôt ou tard, les organes, & sont suivis de maux proportionnés aux excès.» p. 106 et suiv.
«
Du sein de la débauche il s'élève des nuages qui offusquent les yeux de l'entendement.» p. 126
– Ça fout les boules !** dit crûment le neveu de notre pasteur.
Neveu de me conter que l'ancêtre aurait commis cet essai après qu'on l'eut soupçonné être l'auteur d'un petit ouvrage licencieux publié à Amsterdam sous le nom de René Abélard Suttis. Imaginez mon état d'excitation. René Abélard Suttis, anagramme de Élie Astus Bertrand !
Le temps que nous avons passé, le neveu et moi, à chercher des informations complémentaires sur internet ne me fait plus douter de la véracité de son récit ; bien que nos recherches soient restées infructueuses*** à ce jour.
J'en appelle à la sagacité des lectrices et lecteurs de ce blog : tout indice, même minime, sera apprécié.
* On lira comment l'expression peut être comprise au deuxième degré.****
** C'est le sens approximatif de l'exclamation du neveu. Elle comportait, me semble-t-il, le mot "grave" que je n'ai pas compris dans le contexte.
*** On peut raisonnablement penser que le Yeats : A Lyric Poet de Emma Laura Suttis (publié par l'université de Manitoba en 1927) est complètement étranger à notre propos.
**** Ou on l'aura déjà lu si on ne répond pas aux appels de notes au fur et à mesure de leur apparition.
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