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Bidouilles graphiques, plastiques & poétiques de Yves Barré

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Abattu

On a coupé le poirier si proche*...

Le droit de regard ne pèse guère face au droit d'alignement.

En sa savoureuse Instruction pour les Jardins fruitiers, imprimé à Paris, chez Claude Barbin, fur le fecond perron de la fainte Chapelle, en MDCLXXXX,** avec privilège de Sa Majesté, Monsieur de la Quintinye saura nous conseiller sur le choix d'un arbre à planter en mémoire de l'ami scié.

Poire
Francine Paumier, huile sur toile, détail


* Poirier si proche est un recueil que Jean-Claude Touzeil a consacré à un grand arbre de ses voisins. Paru aux éditions du Chat qui tousse
** M : mille ; D : cinq cents ; etc. Faites un effort.
*** Mon poirier sur elbolg, ou comment les paysages sèment des petits cailloux blancs dans nos vies.
L i s t e
DE TOUTES SORTES DE POIRES
tant bonnes, que mediocres, &
mauvaifes.


par feu Mr DE LA QUINTINYE, Directeur de tous les Jardins Fruitiers & Potagers du ROY.

POIRES BONNES
La Virgoulé
La Robine
La verte-longue
La Cuiffe-Madame
Le gros Blanquet
La Groffe-mufquée de Coüé
La Pucelle de Flandre en Poitou,
Le Befi de la mote
Le Martin fec
Le petit Blanquet
Le Satin-vert
L'Amiré-roux
L'Amadotte
La Fondante de Breft
La Rouffeline
Le Pendar

POIRES MEDIOCRES

La Poire de Londre
Le Bon-Chrétien d'Efté musqué
Le Chat-brulé
Le Bon-Chrétien d'Espagne
La Carmelite
La Sans-nom de Monfieur le Jeune
La Brutte-Bonne, ou Poire de pape

POIRES MAUVAISES

La Burquet Ruffette d'Angleterre
La Belle-&-Bonne
La Groffe-queuë
La Chambrette
La Poire de Fin-oin
La Dame-Jeanne, ou Rouffe de la Merliere
La Poire de Miret
La Gourmandine
La Trouvée de Montagne
La Jargonnelle d'Hyver
La Jargonnelle d'Efté
La Sanguinole
La Stergonette
La Poire de Crapaut
La Poire de Mon-Dieu
La Belle-Verge
La Bequefine
La Chair-à-Dame
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S
MDCLXXXX : 1690 ?Je ne suis pas spécialiste, mon latin n'est aujourd'hui plus que de cuisine. Mais si (je dis bien si) c'est 1690, moi, j'aurais écris ça ainsi : MDCLXL .Ton avis ?
Répondre
Y
Moi aussi, mais pas M. de la Quintinye (ou son imprimeur). À la recherche d'une précision sur les deux écritures, je découvre cette curieuse communication d'Éric Angelini sur langue-fr.net. La voilà, in extenso (tiens du latin !) :...et pourtant. Il y a eu, je ne me souviens plus exactement où*, un système mis au point pour les chèques, au temps des (anciens) francs français. Il s'agissait de remplacer les sons des nombres lus à voix haute par des lettres selon le code suivant (attention, logique hallucinante de fonctionnaire** zinzin, mi-alphabétique, mi-romaine et mi***-obscure) :         un=u / deux=d / trois=t / quatre=q / cinq=b / six=s / sept=p / huit=h / neuf=n / dix=x / onze=o / douze=f / treize=g / quatorze=k / quinze=i / seize=j / vingt=v / et=e / trente=r / quarante=w / cinquante=l / soixante=a / cent=c / mille=m / million=y / milliard=z.         Avec les vingt-six lettres de l'alphabet, il y avait donc moyen de coder tous les nombres (entiers) de 1 à [1 trillion-1]. Pour les montants non-entiers, la virgule restait à sa place normale. Le zéro n'avait pas de code (il n'est jamais prononcé quand on lit un montant - sauf pour les hypothétiques chèques de zéro franc).         Exemple de codification d'un chèque de 1325 francs : [mtcvb francs]. On admettait la graphie : [gcvb francs]. Les Belges et les Suisses étaient priés de s'adapter. Le gain de place pour les montants élevés était évident : 13.990.075,21 francs s'écrivait « en toutes lettres » [gyncqvxmai,veu francs] au lieu de [treize millions neuf cent quatre-vingt-dix mille soixante-quinze francs vingt et un centimes].         * Une grande banque, ça va me revenir à la maison où j'ai la doc complète.    ** Pardon au mammouth, à la police et au personnel de santé    *** Comme dirait Alphonse Allais
T
fa f'eft fûr ! (oui, je faif, f'eft fafile...)
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Y
F'est fini, oui ?
M
Me dites pas que c'est le poirier sous lequel s'est reposée Jeanne entre la Flandre et le Poitou... J'ai du mélanger deux histoires de poires ou de poiriers... Pourquoi avoir choisi la catégorie des poires mauvaises pour la Belle -Verge, y'en a quand même qui save pas le plaisir de croquer une belle poire
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Y
"Ce que tu te goures, fillette, fillette,Ce que tu te goures..." (RQ)C'est sous un chêne que Jeanne rendait la justice. Et c'est une pomme qui a inventé la gravitation universelle. Et non l'inverse.Quant au mépris accordé à la Belle-Verge, M. de la Quintinye ne pouvait pas sçavoir : Jean Nicot, sieur de Villemain, n'avait pas encore inventé le tabac et la pipe qui va avec.