À la suite de la lecture des commentaires de l'article précédent, un correspondant m'adresse un courriel que je vous livre ici dans son intégralité. Cher monsieur,
Je consacre ma vie à la petite Pucelle d'Orléans et je souhaite compléter par quelques précisions pertinentes les affirmations de vos aimables correspondants.
Jeanne d'Arc n'était pas là par hasard mais mandée chercher une livre de saindoux par l'évêque Cauchon qui avait à préparer un pâté de lièvre que lui avait apporté un enfant de chœur que son manant de père avait saisi au collet - pas l'enfant, le lièvre... Or le charcutier (comestibles) tenait échoppe à l'angle de la Prison et de la place du Marché où avait été dressé le bûcher.
Quant à la phrase définitive "Vous ne m'avez pas cru, vous m'aurez cuite", rien n'atteste, en l'état actuel de nos connaissances, qu'elle ait été prononcée par Jeanne, car certains auteurs la prêtent à mesdames Landru I, II, IV, VI et VIII, autres femmes au foyer...
Je me permets de joindre une copie complète de la gravure de Jeanne au bûcher. Ce qu'on peut y lire est assez édifiant sur la légéreté avec laquelle les édiles de l'époque ont traité ce moment qui allait devenir historique. Les caractères gothiques n'étant pas d'un abord aisé pour le lecteur contemporain, en voici une transcription :
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- Quelqu'un a du feu ?
- Désolé, je ne fume plus.
- Passez-lui votre Zippo.
On sait aujourd'hui que le bûcher n'a pas été allumé avec un briquet* mais avec une allumette de sûreté. Cette allumette, consumée en partie (c'est bien naturel), a été retrouvée en 1983, par une technicienne de surface lilloise en vacances à Rouen où elle est conservée - l'allumette, pas la technicienne - depuis au musée qui porte son nom - de Jeanne d'Arc, pas de l'allumette. Vous trouverez en pièce jointe (ci-contre ou ci-dessus selon votre navigateur) une photo de la boîte dans laquelle est rangée l'allumette. La conservatrice du musée ne m'a pas autorisé à en soulever le couvercle.
Je me permets d'espérer que vous accorderez à ma modeste contribution toute l'attention qu'elle mérite et en ferez profiter vos lecteurs et lectrices. Je vous saurai gré de ne pas divulguer mes coordonnées : mon épouse se montre très jalouse de l'intérêt que je porte à la bergère de Domremy.
* Si vous m'en pressez, je vous révèlerai un document inédit qui permettait, dès 1971, de douter de l'incendie par briquet.