
LX, aristocrate de la basse-cour, a pondu son premier œuf.
– Le plus gros ?
– Non, plus à gauche...
– Celui-là ?
– Encore à gauche...
– Celui-là alors ?
– Euh...
encore à gauche.
Souhaitons-lui, après cet exploit, de n'être pas choisie pour
les honneurs de la poule blanche.
«
Avant la révolution de 1789, dans l'arrondissement de Remiremont, en Lorraine, ces honneurs étaient décernés, le jour de leur mariage, aux jeunes filles dont la réputation de sagesse n'avait jamais été ternie.
Les jeunes gens des deux sexes, invités à la noce, se réunissaient quelques jours avant la célébration du mariage, et délibéraient. S'il était reconnu que la jeune mariée avait su se préserver des atteintes du vice, on cherchait, pour le jour de la noce, une poule parfaitement blanche. Cette poule était attachée à l'extrémité d'une perche, entre deux quenouilles garnies de lin. C'était un jeune garçon, ami de l'époux, qui portait la perche : il marchait en tête du cortège ; et au moyen d'une ficelle attachée à une des ailes de la poule, il la faisait crier chaque fois qu'on passait devant la maison de quelques unes des amies de la mariée. Ni la richesse, ni la beauté, ni même les marques du repentir ne pouvaient racheter un instant de faiblesse, et les honneurs de la poule blanche étaient impitoyablement refusés à la jeune fille qui n'avait pas su se conserver pure.»*
Vive les filles délurées !
* Dictionnaire des Proverbes français, La Mésangère, Paris, 1821