Bidouilles graphiques, plastiques & poétiques de Yves Barré
Une bouse suffit à me transporter. Parfois sur des chemins où je n'avais rien à faire. Aujourd'hui : sur le plateau de la Croix-Rousse à Lyon. C'est là, qu'Horace Pitrat, riche propriétaire, entreprit d'élever une tour haute de 300 pieds* qui devait servir d'observatoire. En cours de construction, la tour s'écroula.
Après ce court préambule, retour à la bouse avec la définition de s'abouser, lue dans le Littré de la Grand'Côte** :
ABOUSER (S'), v. pr.— S'écrouler, S'emploie au neutre. La tour Pitrat s'abousa le 27 août 1828.
Babolat, sais-tu la nouvelle ?
La Tour Pitrat vient d'abouser.
Quelques personnes diront en voyant une dame tomber sur les reins : Cette dame s'est abousée, mais c'est une manière inconvenante de s'exprimer. Il est préférable de dire : Cette dame est tombée à cacaboson. – Parlant par respect, de bouse. Lorsque la tour Pitrat s'écroula, ma mère, qui descendait le Chemin-Neuf, la vit disparaître dans un nuage de poussière. Une bonne femme, qui était près d'elle, lui dit, tout émue : Madame, avez-vous vu ? Elle s'est abousée comme une... Cette femme avait l'image étymologique.
Le Mans – Rue maculée pour le tournage d'un téléfilm – avril 2012
* Un peu moins de 100 m.
** Le Littré de la Grand'Côte : à l'usage de ceux qui veulent parler et écrire correctement / par Nizier du Puitspelu ; Académie du Gourguillon – auteur : Clair Tisseur, Lyon, 1895– source : gallica.bnf.fr