Maison 311, 2009, encre de Chine sur carton, 28 x 36 cm
On peut lire, à la page 311 des Œuvres poétiques de Jean Sénac*, le poème suivant :
Belle
tu es morte.
J'apporte mes mots
comme du sable
au creux des doigts.
J'élève sur ton corps
une maison de sable
un poème.
Je me couche sur ton cœur
Belle
les yeux dans le soleil
que tu aimais.
* Jean Sénac, Œuvres poétiques, Actes sud, 1999
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Par Yves
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Trouvé chez le vieux-papiers le recueil d'un poète sarthois mort prématurément.*
L'auteur a écrit les premiers poèmes publiés à l'âge de quatorze ans. Voici un des derniers textes :
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L'escargot
Il rentre dans sa coquille au contact qui le contrarie.
Je rentre en moi-même au heurt qui me froisse.
Ses cornes, prudemment, explorent son univers restreint.
Avec des antennes inquiètes, je fouille l'humanité.
Sa bave déplaît aux autres et lui la trouve naturelle.
Je dis la vérité sale mais vraie.
Sa trace d'argent se déroule lente, ineffacée.
Laisserai-je un sillage sur le chemin ?
1938
* Né en 1914, René Leday meurt en 1938, "soldat, mais en temps de paix", note la préfacière.
René LEDAY, Les Jours comptés, éditions de la Société littéraire du Maine, librairie Graffin, Le Mans, 1939
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Par Yves
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Charles Baudelaire n'avait pas que des amis. Jules Vallès l'habille ainsi pour l'hiver et les saisons à suivre : « Il y avait en lui du prêtre, de la vieille femme et du cabotin. C'était
surtout un cabotin.»*
* article de La Rue, 7 septembre 1867. Sur le site de la Bibliothèque
municipale de Lisieux.
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Par Yves
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Sorti de la galerie de la Coutume
à Coulon (85), un recueil de Hubert Pajot*. Choisi pour le poème suivant entrevu en feuilletant :
DE TOULOUSE
La langue d'oil,
Quel Mobiloil !
Mais quel Médoc,
La langue d'oc !
J'en étais encore à réfléchir à l'illustration quand, au détour de l'étroite allée d'un vide-greniers, un bidon à huile se jette devant mon objectif.
Pile poil, Mobiloil !
– Non ?
– Si ! Et fin du fin... à la dame qui tient l'étal, curieuse de mon intérêt pour son bidon, je narre en quelques mots le bouquiniste, le poème, l'exceptionnel destin de la photo dans l'excellent
blog que vous tenez
entre les mains à l'œil.
– J'aime entendre dire des poèmes, confie-t-elle. D'ailleurs, un poète est venu chez nous qui contait très très bien... À l'école de ma fille, puis au foyer rural...
Je la presse de m'en donner le nom.
– Monsieur Poslaniec !
– Christian Poslaniec ! Ça alors...**
Christian, si tu passes ici, je t'embrasse.
* De mon courtil, Studio technique d'éditions, Toulouse, 1931
Hubert Pajot (1896-1986) fut sénateur-maire de Fontainebleau.
** Sur le site du Printemps des Poètes, un sonnet à l'huile de Christian pour rester dans le ton et deux ou trois choses qu'on sait de lui.
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Par Yves
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Topa évoquait dans un commentaire récent le très beau Blues du crapaud
de Daniel Clérembaux. Voici le poème avec l'illustration qui l'accompagnait dans la revue décol'.
Le blues du crapaud
Les douceurs premières
Des soirées de printemps
Éveillent sous les pierres
Le chant
Du crapaud accoucheur.
Chaque bulle de savon
Ainsi libérée
Par ce triste bluesman
Avive au ciel
La clarté d'une étoile.
Allez donc savoir si,
Par hasard,
Du fond de son trou noir,
L'œil ocellé d'or
Ne perçoit pas l'éclat lointain
Des galaxies,
Si sa triste mélopée
Ne berce pas d'illusions
Ce petit joueur de flûteau,
S'il ne voit pas s'allumer là-haut
Les lueurs qui nous consolent
De la noirceur du ciel ?
© Daniel Clérembaux
15e Printemps de Durcet
revue décol' n° 26, l'épi de seigle, 2000
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Par Yves
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Le soir de l'annonce du décès de Mahmoud Darwich, Oncle Pa m'adressait le courriel suivant :
« – Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?
– Que la maison reste animée, mon enfant. Car les maisons meurent quand partent leurs habitants »*
La maison de Mahmoud est vide ce soir.
Oncle Pa
Les poèmes de Mahmoud Darwich continuent à nous accompagner.
* Mahmoud DARWICH, Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? traduit de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar
Actes Sud, 1996
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Par Oncle Pa & YB
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