« La maison d’arrêt est composée de cellules de 12 mètres carrés où cohabitent jusqu’à six personnes alors que, selon les normes définies par l’administration pénitentiaire, il ne devrait pas y en avoir plus de deux. Chaque cellule comporte trois lits superposés d’un côté, deux lits superposés de l’autre côté et souvent, entre les deux rangées de lits, un matelas posé à même un sol crasseux et humide où circulent des rats et des cafards.»
On dirait du Albert Londres, c'est du Journal officiel*.
Pour respirer, ce poème de Guy Lévis Mano, typographe et poète**.
Peupler la prison
Il était le juge. Les cinq geôliers amenèrent le prisonnier. Le juge regarda les yeux affamés du prisonnier. Il y vit des fleuves, des prairies, des coteaux, quelques fleurs, et aussi des
oiseaux qui les parsemaient. Puis il regarda les yeux gris des geôliers. Il n'y vit que des judas, des serrures séparées de leurs clefs, et des murailles. Le juge parla : Que le prisonnier s'en
aille récupérer son fleuve, sa plaine et ses oiseaux. Il suffit de geôliers pour peupler la prison.
* Journal officiel du 6 décembre 2011, article 72, Recommandations du Contrôleur général des lieux de privation de liberté prises en application du deuxième alinéa de l'article 9 de la loi du 30 octobre 2007 et relatives au centre pénitentiaire de Nouméa (Nouvelle-Calédonie)
** Guy Lévis Mano, Loger la source, éditions Folle Avoine, 2007.
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