Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 00:00

« La maison d’arrêt est composée de cellules de 12 mètres carrés où cohabitent jusqu’à six personnes alors que, selon les normes définies par l’administration pénitentiaire, il ne devrait pas y en avoir plus de deux. Chaque cellule comporte trois lits superposés d’un côté, deux lits superposés de l’autre côté et souvent, entre les deux rangées de lits, un matelas posé à même un sol crasseux et humide où circulent des rats et des cafards.»

 

On dirait du Albert Londres, c'est du Journal officiel*Carré de l'hypothalamus

Pour respirer, ce poème de Guy Lévis Mano, typographe et poète**.

 

Peupler la prison


Il était le juge. Les cinq geôliers amenèrent le prisonnier. Le juge regarda les yeux affamés du prisonnier. Il y vit des fleuves, des prairies, des coteaux, quelques fleurs, et aussi des oiseaux qui les parsemaient. Puis il regarda les yeux gris des geôliers. Il n'y vit que des judas, des serrures séparées de leurs clefs, et des murailles. Le juge parla : Que le prisonnier s'en aille récupérer son fleuve, sa plaine et ses oiseaux. Il suffit de geôliers pour peupler la prison.

 

 

 

* Journal officiel du 6 décembre 2011, article 72, Recommandations du Contrôleur général des lieux de privation de liberté prises en application du deuxième alinéa de l'article 9 de la loi du 30 octobre 2007 et relatives au centre pénitentiaire de Nouméa (Nouvelle-Calédonie)

** Guy Lévis Mano, Loger la source, éditions Folle Avoine, 2007.

Publié dans : des poètes - Par Yves
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Commentaires

Le prisonnier ne serait qu'un prétexte dans la vie des geôliers ?

Commentaire n°1 posté par Cristophe le 24/02/2012 à 00h20

Le geôlier est dépendant du prisonnier.

Réponse de Yves le 24/02/2012 à 23h52

Sacré J.O. ! toujours la forme !...

Commentaire n°2 posté par Topa le 24/02/2012 à 06h03

Ce rapport, en tout cas, est édifiant.

Réponse de Yves le 24/02/2012 à 23h52

à débattre cette idée un peu trop carrée..l'illustration lui va bien

Commentaire n°3 posté par telos le 24/02/2012 à 07h27

L'illustration est plus ancienne.

Elle résulte d'un composition très rigoureuse et géométrique. Si on relie les trois boulets des gardiens, on dessine un triangle qui place le prisonnier en dehors de ce nouvel espace défini.

Réponse de Yves le 24/02/2012 à 23h56

Ce dessin me rappelle une série : Carrés de l'hypothalamus…

 

Commentaire n°4 posté par Boudet le 24/02/2012 à 20h31

C'est un carré de l'hypothalamus en effet, il ne figure pas dans le recueil que vient de rééditer Donner à voir.

Réponse de Yves le 24/02/2012 à 23h58
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