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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 23:00

Dans Diogène au potager, Louis Dubost convoque Cicéron – plus très jeune – qui disait « Si vous avez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il faut.» Et avec Louis Dubost, on a. Le livre et le jardin. La courgette est gratinée, le concombre masqué – celui de Mandryka ? celui-là même. Au bout du courtil, passent les manifs. Les CRS sont en lignes, les oignons en rangs. C'est la fête aux radis et aux droits dans leurs bottes, l'amarante se rit de Monsanto, on ne sert pas d'ail sur les yachts – ni réciproquement.

Cinq fruits et légumes par jour dans le panier AMAP politique – sous-titre du recueil. M'étonnerait qu'on soit constipé.

 

Les linogravures d'Anah Merlet qui accompagnent les textes témoignent d'une observation fine et d'un humour idoine. Regard  renouvelé sur le jardin.

 

Publié par les – excellentes – éditions des Carnets du Dessert de Lune, Diogène au potager  de Louis Dubost est en souscription jusqu'au 30 juin sur le site de l'éditeur. Une affaire. Cadeau en sus.

 

Extrait – extra-fin – avec l'autorisation de l'auteur :

 

Un petit pois

            d'une espèce à grains ridés, le sénateur, arrange le potager en annexe du jardin qui jouxte le Palais du Luxembourg. D'emblée, il requiert un palissage minimal sans quoi il flageole fâcheusement de la guibole. Comparable aux vieilles tiges décaties qui siestent sous les ors de la République, ces « grosses légumes » de jadis et naguère qui se touillent et chatouillent avec des airs d'importance mais dont la biodiversité citoyenne ne doit hélas ! attendre que minestrones et ratatouilles fadasses. À quand un référendum pour écosser la Constitution ?

 

Les Petits Pois n° 11

Il pleut sur le carré (les Petits Pois n° 11), 1997, acrylique sur carton, 40 x 25 cm (détail)

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commentaires

Cristophe 29/06/2011 08:43



Pour cette fois on peut dire : là où il y a Diogène, il y a du plaisir.



Yves 29/06/2011 23:49



On peut le dire. Tu l'as dit. C'est dire.



Topa 22/06/2011 08:05



Je serai "livré" début juillet à Rochefort, en double présence de l'auteur et de l'éditeur. L'occasion sans doute de boire un petit Layon pour que ça pousse...


Tout cela dit, il est réjouissant de voir émerger le poète Dubost qui, exception faite d'un escargot ou d'une libellule, était un peu caché derrière l'idée bleue...



Yves 22/06/2011 08:18



Caché, peut-être, mais Louis Dubost a tant fait pour la poésie vivante. Son Diogène au potager, jubilatoire, nous console des courbatures. Du dos. Et de la tête ; parce que là, en haut
lieu, on nous la prend parfois vraiment.



TELOS 22/06/2011 06:17



.. les précoces (ou « lisses ») et les « ridés » (plus gros et plus sucrés)..


les âges de la vie



Yves 22/06/2011 08:11



Pour les ridés : plus gros, je vois, mais plus sucrés : diabète ?