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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 00:40
JeanneÀ la suite de la lecture des commentaires de l'article précédent,  un correspondant m'adresse un courriel que je vous livre ici dans son intégralité.

Cher monsieur,

Je consacre ma vie à la petite Pucelle d'Orléans et je souhaite compléter par quelques précisions pertinentes les affirmations de vos aimables correspondants.

Jeanne d'Arc n'était pas là par hasard mais mandée chercher une livre de saindoux par l'évêque Cauchon qui avait à préparer un pâté de lièvre que lui avait apporté un enfant de chœur que son manant de père avait saisi au collet - pas l'enfant, le lièvre... Or le charcutier (comestibles) tenait échoppe à l'angle de la Prison et de la place du Marché où avait été dressé le bûcher.

Quant à la phrase définitive "Vous ne m'avez pas cru, vous m'aurez cuite", rien n'atteste, en l'état actuel de nos connaissances, qu'elle ait été prononcée par Jeanne, car certains auteurs la prêtent à mesdames Landru I, II, IV, VI et VIII, autres femmes au foyer...

Je me permets de joindre une copie complète de la gravure de Jeanne au bûcher. Ce qu'on peut y lire est assez édifiant sur la légéreté avec laquelle les édiles de l'époque ont traité ce moment qui allait devenir historique. Les caractères gothiques n'étant pas d'un abord aisé pour le lecteur contemporain, en voici une transcription :
boîte de l'allumette- Quelqu'un a du feu ?
- Désolé, je ne fume plus.
- Passez-lui votre Zippo.

On sait aujourd'hui que le bûcher n'a pas été allumé avec un briquet* mais avec une allumette de sûreté. Cette allumette, consumée en partie (c'est bien naturel), a été retrouvée en 1983, par une technicienne de surface lilloise en vacances à Rouen où elle est conservée - l'allumette, pas la technicienne - depuis au musée qui porte son nom - de Jeanne d'Arc, pas de l'allumette. Vous trouverez en pièce jointe (ci-contre ou ci-dessus selon votre navigateur) une photo de la boîte dans laquelle est rangée l'allumette. La conservatrice du musée ne m'a pas autorisé à en soulever le couvercle.

Je me permets d'espérer que vous accorderez à ma modeste contribution toute l'attention qu'elle mérite et en ferez profiter vos lecteurs et lectrices. Je vous saurai gré de ne pas divulguer mes coordonnées : mon épouse se montre très jalouse de l'intérêt que je porte à la bergère de Domremy.

* Si vous m'en pressez, je vous révèlerai un document inédit qui permettait, dès 1971, de douter de l'incendie par briquet.
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commentaires

P 05/01/2007 12:25

Je maintiens qu'il s'agit d'un Zippo. J'ai sous les yeux une copie d'un contrat signé entre Dame Zippo, régente de la manufacture Zippo et le couvent  de Gestetner, en Bavière. Par ce contrat, la manufacture Zippo assurait gite et couvert aux moines copistes du couvent en contrepartie de citations "de réclame" glissées ecce hac en l'incunabulum. Le procédé est toujours d'actualité. Dans un entretien qu'il accorde au journal Libération du 2 janvier 07, de Villiers (Gérard, pas l'autre), explique qu'il tire une partie de ses revenus de la pub. Au fil des pages des SAS, il cite ainsi des compagnies de vol, champagnes et autres fabricants de meubles avec lesquels il est en contrat.

Kimberley 03/01/2007 16:03

Et quand la fermeture est claire, l'ouverture est sombre !

Yves Barré 03/01/2007 21:06

Victor Hugo aurait ajouté :T'es-tu dit que l'homme, vaine ombre, Hélas ! perd son humanité À trop voir cette splendeur sombre Qu'on appelle la vérité ?

Maïette 03/01/2007 11:13

Et voilà comment survient une erreur historique. Une mauvaise lecture paléographique et nous sommes face à un Zippo, alors que de toute évidence il s'agit d'un Bippo. Et le Bippo au moyen-âge n'est autre que l'ensemble constitué de deux silex bien protégé dans un petit pochon de velours noir. Le tout accroché à la ceinture des gens de religion qui seuls ont le droit de se promener avec, les pauvres gens et autres gens de biens se doivent de le garder à la maison près de l'âtre. Ce qui explique en partie le pourquoi des bûchers de l'inquisition...Que l'erreur soit réparée me semble indispensable à la vérité historique.Je rappelle à toutes fins utiles que le Zippo est une invention du début du XX e siècle et qui a contribué à la disparition des boutons de nacre comme de bottines et qui maintenant se fait appeler zip ou fermeture éclair.

Yves Barré 03/01/2007 21:00

Voilà qui ouvre des perspectives nouvelles. Peut-on penser, pour concilier des points de vue qui semblent contradictoires, que le Bippo, dont la fonction était bien de bouter le feu, est l'ancêtre du Zippo ? Sur la miniature, on voit assez distinctement à la ceinture d'un dignitaire - est-ce un religieux ? - une bourse de couleur foncée. Cette bourse pourrait être en velours et contenir les deux silex décrits...

Myriam 03/01/2007 10:49

    Je félicite votre lecteurs pour ses recherches, je serais moins bête ce matin, moi qui est habité à Orléans, j 'avoue avoir évité la fête de Jeanne d'Arc tous les ans car la place pour se garer était alors cher.    J'ai aussi séjourné dans un quartier de Strasbourg plutôt chaud surtout en hivers, je sais que les voitures ne sont pas brulés au hasard et que personne ne toucherait une voiture seul dans une rue (c'est beaucoup moins drôle et chaleureux);  il faut peut être rappeler que l' Alsace profite d'un temps continental et qu'il caille l hiver . C'est un spectacle de quartier à voir au moins une fois dans sa vie, typique comme le marché de Noël de cette même ville.    Et je suis désolé de n'avoir pas pu apprécier avec tant de plaisir les fêtes de notre cher Jeanne...(voir article précédent)

Yves Barré 03/01/2007 11:10

Merci pour ce témoignage vécu. Je ne me rappelle pas que le stationnement était coûteux à Orléans où je me suis rendu une fois acheter un pot de moutarde pour y tremper les deux saucisses que je venais d'acheter à Strasbourg.