cheval qui gagne
dans un fauteuil
ne court pas assis
sur sa selle
le dédain
des culs à fauteuils
préserve la chaise
des pointes
de l'épée et du bicorne
trait tiré
sur l'académie
à califourchon
et la chaise se voit
en plus noble conquête
de l'homme
parti en querelle
l'empereur de rome
sur sa chaise
laissait son effigie
sa photo quoi
qui reste une éternité
assis
le retrait de la chaise
n'entraîne pas sa chute
petit ramoneur
assis sur la bergère
qu'espère-t-il en retour
la chaise au repos
diffère de la chaise active
fondamentalement
par Yves Barré
publié dans :
poèmes & papiers

Lamartine et Apollinaire liés par le hasard de deux coquilles chez Livre-rare-book*. Leurs vers ont une parenté qu'on ne soupçonnait pas :
Et le char de l'automne, au penchant de l'année,
Roule, déjà poussé par la main des hivers !
Roule, déjà poussé par la main des hivers !
Oh ! l'automne l'automne a fait mourir l'été
O lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !
Au bord d'un lac
On s'amusa à faire des ricochets
Avec des cailloux plats
Sur l'eau qui dansait à peine
On s'amusa à faire des ricochets
Avec des cailloux plats
Sur l'eau qui dansait à peine
Vois mourir ce qui t'aime, Elvire, et réponds-moi !
Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien
*Près de 3 millions de livres d'occasion référencés chez Livre-rare book : il y a forcément quelques intrus.
par Yves Barré
publié dans :
poèmes & papiers
par Yves Barré
publié dans :
poèmes & papiers
Dans son commentaire pertinent du 25 octobre (Alibi...), Topa relève qu'on revient au bon temps de la photo officielle des régimes totalitaires.On sent pointer l'ironie.
Pouvait-il imaginer l'ampleur de la supercherie ?
Si l'ami Lesieur a fait l'objet d'un rajout - habile, comme il a été écrit - un autre personnage a disparu du tableau final.* Sans doute parce qu'il ne participait pas à la liesse générale.
* On pourra comparer ce document authentique avec la photo falsifiée du 25 octobre.
par Yves Barré
publié dans :
poèmes & papiers

- La photographie, invention de Nicéphore Niepce, peut en témoigner, monsieur l'agent. Le 16 septembre 2006, j'étais en compagnie des sous-nommés poètes*, à dire avec eux mes petits vers de rien, en première partie du concert de Martine Caplanne. On pourra objecter un trucage éventuel...
- J'allais précisément objecter.
- Vous avez raison, monsieur l'agent : le citoyen Lesieur, parti à l'urinoir pendant la prise de vue, a fait l'objet d'un rajout habile entre le poète Daniel Clérembaux et le guitariste Albert Eyheramendy.
- Habile !... Nommez-moi le témoin dont la grosse tête masque en partie votre brochette d'artistes et je vous libère sur le champ.
- Ce témoin est Tex Avery, monsieur l'agent.
* de gauche à droite :
Michel Lautru, Claude Burneau (Soc & Foc), Colette Andriot, Jean-Claude Touzeil, Claude Vercey (revue Décharge), Franck Cottet (Le chat qui tousse), Claude Ribouillault, Martine Caplanne, Jean-Noël Guéno, Serge Bec, Yves Barré (aux 3/4 caché), Gaston Herbreteau, Daniel Clérembaux, Jean-Pierre Lesieur (Comme en poésie), Albert Eyheramendy.
par Yves Barré
publié dans :
poèmes & papiers
la chaise a grandi
en cathédrale
il fallait l'obstination
des bâtisseurs
la chaise à porteurs
comptait deux pieds devant
deux pieds derrière
pieds de valets
bernard palissy
a brûlé sa chaise
bernard mal assis
aussi
paraît-il
donnez une chaise
à archimède
pourvu qu'elle ait
les pattes assez longues
il soulèvera le monde
il s'assiera aussi sans doute
la chaise perd
son pied de biche
louis seize
forge des rossignols
fin de règne
les chaises dorment
tête-bêche
foi de pilier de bar
par Yves Barré
publié dans :
poèmes & papiers
aussi frappante soit
la ressemblance
on ne peut s'asseoir
sur la chaise cannée
de picasso
chaises sur le seuil
un soir d'été
deux vieux regardent
la vie se coucher
tireur debout
tireur couché
le génie militaire
ignore la position
du tireur assis
qui mieux cependant
que la chaise
pour tenir un siège
la chaise
descend dans la rue
pour monter
sur la barricade
un cancer la menace
ces barreaux qu'elle fume
la chaise
à saint-symphorien
commune en sarthe
les chaises de la salle
du conseil municipal
pètent
sous les élu(e)s
authentique
quand la chaise joue
au psychanalyste
le canapé est patient
par Yves Barré
publié dans :
poèmes & papiers
